Accueil > Actualités Economiques > L’endettement des ménages français: insuffisant?

L’endettement des ménages français: insuffisant?

26 février 2009

L’endettement des ménages insuffisant en France ?

Avec beaucoup d’insistance au cours de sa campagne électorale présidentielle en 2007, l’actuel président de la république Mr. Nicolas Sarkozy a déploré un fait économique «franco-français» acquis depuis longtemps déjà : les ménages français sont parmi les moins endettés du monde,en comparaison avec les ménages des pays développés et présentent un faible recours à l’endettement par le crédit.

Plus concrètement, selon la plupart des sources d’information économique, le ratio-dette des ménages français sur actifs nets était en 2007 de 13,84%, la dette représentant 68,4% des revenus disponible des ménages.

L’endettement ou le recours au crédit en France est principalement lié à l’acquisition de biens immobiliers via le crédit immobilier. Vient ensuite le crédit à la consommation, puis divers recours à des offres plus spécifiques (crédit revolving, crédit automobile, rachat de crédit) Même si depuis une décennie le taux d’endettement des français a notablement augmenté, entres autres du fait de l’élévation des prix sur le marché immobilier, le poids des charges liées à cette dette (remboursement du capital, intérêts) est resté stable et l’augmentation de la dette brute des ménages ne les a pas empêchés d’améliorer « significativement » leur situation patrimoniale nette (le patrimoine brut des ménages, pris globalement, représente près de 7 ans de revenu contre un endettement bancaire de l’ordre d’un semestre de revenu).

On notera enfin que la diffusion du crédit est réduite en France en partie du fait de la sévère réglementation de l’usure, et que la proportion des ménages endettés a décliné entre 1989 et 2004, malgré l’augmentation de l’endettement des ménages. Cet Etat de fait possède des aspects positifs mais également négatifs.

Au passif de cet état de fait, un rapport sénatorial présenté en Juin 2006 par le sénateur Joël Bourdin indique que ce faible endettement a des conséquences macro et micro économiques néfastes : l’insuffisante distribution du crédit et le faible endettement représentent des freins à la croissance économique et à l’instauration d’un mécanisme d’élévation du niveau de la demande et de la production.

Faute d’accès au crédit, de nombreux ménages, l’impact sur la croissance est mineur. En outre, la crainte du surendettement, très française, est dans une large mesure exagérée selon le rapport : les cas de surendettement sont des « aléas individuels » certes douloureux, mais le système de crédit est semble t-il loin de produire un surendettement massif : seuls 0,5% de l’ensemble des ménages français sont surendettés par recours déraisonnable au crédit (2006). Ils sont plutôt jeunes, employés ou ouvriers, mariés, et des revenus faibles. L’offre de crédit bancaire se concentre sur des segments réduits de la population française ce qui peut également constituer un goulet d’étranglement pour l’économie.

A l’actif du faible endettement des ménages français, on pourra néanmoins souligner les très faibles taux de surendettement par rapport aux autres pays européens et aux Etats Unis, la solidité du système bancaire (exigences prudentielles importantes) d’autant plus saillante à l’heure de la crise financière globale, et des bases saines pour l’activité économique (a l’inverses de systèmes type « subprimes » ou de la quasi obligation d’endettement des jeunes actifs américains pour financer les études et le logement, etc.) avec des ménages ne vivant pas « au dessus de leurs moyens réels ». L’épargne permet la constitution de réserves solides et le coût du crédit peut parfois varier très brutalement avec des hausses de taux d’intérêt imprévues.

La France est donc un pays où les possibilités du crédit n’ont pas encore été pleinement exploitées.  Elle fait preuve d’une grande prudence à l’encontre de ce moteur économique qui présente des risques en cas de mauvaise gestion, et dont on a vu à travers l’exemple américain  à quel type de crise pouvait conduire sa distribution excessive par les organismes dispensateurs.

Actualités Economiques , , , , ,

Commentaires non autorisés.